Juan Arbeláez est aujourd’hui l’un des chefs cuisiniers les plus populaires de France. Révélé au grand public grâce à Top Chef en 2012, ce Colombien installé à Paris depuis la fin des années 2000 a bâti, en une quinzaine d’années, un véritable empire gastronomique tout en menant une carrière parallèle à la télévision. Entre ses restaurants Plantxa, Nubé ou Yaya, ses chroniques sur TF1 et TMC, et sa place aux Grosses Têtes sur RTL, Juan Arbeláez incarne une réussite entrepreneuriale rare dans le monde de la restauration française. Cet article retrace son parcours complet, de son enfance bogotane à ses derniers projets, en passant par sa formation, ses débuts professionnels et son ascension médiatique.
Qui est Juan Arbeláez ? Origines et jeunesse en Colombie
Juan Mario Arbeláez Guarín voit le jour le 18 janvier 1988 à Bogota, en Colombie. Il grandit dans une famille où son père exerce la profession d’avocat tandis que sa mère travaille comme cantinière dans des établissements scolaires. Aîné d’une fratrie de trois enfants, le jeune Juan développe très tôt un lien fort avec la cuisine, nourri par les repas préparés à la maison par sa mère et son grand-père. Cette éducation familiale façonne durablement sa vision du métier, qu’il décrit encore aujourd’hui comme un moyen de rassembler les gens plutôt qu’une simple prouesse technique.
Sur le plan scolaire, Juan Arbeláez fréquente le lycée français Louis-Pasteur de Bogota jusqu’en classe de sixième, un établissement francophone qui lui permet de se familiariser très jeune avec la langue et la culture françaises. Il poursuit ensuite sa scolarité colombienne jusqu’à l’obtention de son baccalauréat en 2006, au sein de l’école Gimnasio Moderno. Cette double culture, colombienne et francophone, deviendra plus tard l’une des signatures de sa cuisine, mêlant produits locaux français et influences sud-américaines.
Avant de se tourner définitivement vers la gastronomie, Juan Arbeláez entame des études d’administration et de gestion à l’université des Andes, l’une des institutions les plus réputées de Colombie. Ce passage par des études commerciales, bien qu’éloigné des fourneaux, lui donnera par la suite des bases solides pour gérer ses futurs établissements en tant qu’entrepreneur. En 2007, poussé par sa passion pour la cuisine, il quitte sa famille et ses trois frères pour s’installer à Paris et se consacrer entièrement à cette vocation naissante.
Formation au Cordon Bleu Paris et débuts dans la gastronomie
Arrivé en France, Juan Arbeláez s’inscrit à l’école Le Cordon Bleu Paris, l’une des institutions culinaires les plus prestigieuses au monde. Il y obtient en 2009 le Grand Diplôme, validant à la fois un diplôme de cuisine et un diplôme de pâtisserie. Cette formation exigeante lui ouvre rapidement les portes des plus grandes tables parisiennes et lui permet d’acquérir les techniques classiques de la gastronomie française, qu’il combinera ensuite avec sa sensibilité colombienne pour développer un style culinaire personnel.
Son premier stage marquant se déroule chez Pierre Gagnaire, chef triplement étoilé, au sein du restaurant Je Thé… Me. Cette expérience auprès d’une figure majeure de la haute cuisine française constitue une étape fondatrice dans son apprentissage. Il enchaîne ensuite les postes dans des établissements de renom : en 2010, il devient commis de cuisine au restaurant Le Cinq, au sein du palace parisien Four Seasons George V, avant de progresser au poste de demi-chef de partie sous la direction de Weimar Gomez, lui aussi diplômé du Cordon Bleu.
En 2011, Juan Arbeláez rejoint la brigade de l’hôtel Le Bristol, où il découvre la cuisine du chef étoilé Éric Frechon. Il y occupe le poste de chef de partie jusqu’en février 2012, accumulant une expérience précieuse au contact de l’un des chefs les plus respectés de la capitale. Ce parcours dans des maisons aussi prestigieuses que Le Cinq ou Le Bristol constitue le socle technique sur lequel il bâtira, quelques années plus tard, sa propre identité culinaire et ses premiers établissements en nom propre.
La révélation Top Chef 2012 et l’entrée dans les cuisines étoilées
L’année 2012 marque un tournant décisif dans la carrière de Juan Arbeláez. Inscrit par des amis à son insu, il participe à la troisième saison de l’émission culinaire Top Chef, diffusée sur M6. Bien qu’il soit éliminé dès le quatrième épisode de la compétition, cette expérience télévisée lui offre une visibilité inédite auprès du grand public français, bien au-delà des cercles professionnels qu’il fréquentait jusque-là. Son charisme et sa personnalité chaleureuse séduisent rapidement les téléspectateurs, posant les bases de sa future carrière médiatique.
Ce passage par Top Chef lui permet également de nouer une relation professionnelle déterminante avec le chef Jean Imbert, qu’il rencontre pendant le tournage. Ce dernier lui propose de le rejoindre en tant que chef de cuisine au sein de son restaurant l’Acajou, situé dans le seizième arrondissement de Paris. Cette collaboration constitue pour Juan Arbeláez une première responsabilité de chef à part entière, loin du statut de commis ou de chef de partie qu’il occupait jusqu’alors dans les palaces parisiens.
Fort de cette exposition médiatique et de cette nouvelle expérience de gestion, Juan Arbeláez décide de franchir une étape supplémentaire en devenant entrepreneur. Sa notoriété grandissante, associée à son savoir-faire technique acquis au Cordon Bleu et dans les grandes maisons parisiennes, lui donne la légitimité nécessaire pour se lancer seul. Cette transition, entre la compétition télévisée et la création de sa propre entreprise, illustre la trajectoire atypique d’un chef qui a su transformer une exposition médiatique en véritable tremplin professionnel.
Plantxa, Nubé et la naissance d’un empire de restaurants
En juin 2013, Juan Arbeláez concrétise son ambition entrepreneuriale en reprenant le restaurant La Plancha, situé à Boulogne-Billancourt, qu’il rebaptise Plantxa. Il y développe une cuisine résolument moderne, fondée sur des produits locaux et de saison, dénichés au fil de ses passages sur les marchés parisiens, auxquels il ajoute des touches exotiques inspirées de ses origines sud-américaines. La carte évolue quasiment au quotidien, reflétant une approche spontanée et créative de la gastronomie, loin du classicisme des palaces où il a fait ses armes.
Le succès de Plantxa ouvre rapidement la voie à de nouveaux projets. Après trois années à la tête de cet établissement, Juan Arbeláez est sollicité par l’hôtel Marignan, situé sur les Champs-Élysées, pour créer et diriger un nouveau restaurant baptisé Nubé, dont il devient le chef exécutif. Cette nouvelle adresse lui permet de toucher une clientèle différente, plus internationale, tout en conservant sa signature culinaire mêlant tradition française et influences colombiennes.
Les années suivantes voient le développement d’un véritable groupe de restauration autour du chef. Juan Arbeláez multiplie les enseignes à Paris et en région parisienne, notamment avec la chaîne de restaurants Yaya, déclinée sur plusieurs sites, ainsi qu’avec les établissements Levain et Vigna. Cette expansion, portée par une équipe entrepreneuriale structurée, transforme progressivement le cuisinier en véritable chef d’entreprise à la tête d’un groupe multi-sites, une trajectoire assez rare parmi les anciens candidats de Top Chef.
Une carrière télévisée entre chronique et divertissement
Parallèlement à son activité de restaurateur, Juan Arbeláez construit une carrière médiatique durable qui dépasse largement le cadre de son passage initial dans Top Chef. Entre 2015 et 2016, il officie comme chroniqueur cuisine sur plusieurs plateaux, avant de rejoindre l’équipe de Quotidien sur TMC, une émission phare de la télévision française où il intervient régulièrement autour de thématiques culinaires. Il collabore également avec des chaînes comme TF1, France 2 et Eurosport, confirmant sa place durable dans le paysage audiovisuel hexagonal.
Sa polyvalence télévisuelle s’illustre notamment à travers l’émission Cuisine Impossible, diffusée sur TF1, où il affronte d’autres chefs reconnus comme Julien Duboué dans des défis culinaires organisés à l’international, du Québec à l’Allemagne en passant par la Laponie. Ce format, qui met en scène des duels gastronomiques dans des contextes culturels variés, permet à Juan Arbeláez de démontrer sa capacité d’adaptation et sa créativité au-delà de sa cuisine habituelle, tout en renforçant sa notoriété auprès d’un public familial.
Depuis septembre 2023, Juan Arbeláez a franchi une nouvelle étape dans sa carrière médiatique en intégrant l’équipe des Grosses Têtes sur RTL, une émission emblématique de la radio française portée par Laurent Ruquier. Cette participation régulière aux côtés d’humoristes et de personnalités reconnues marque une diversification assumée de son image publique, qui dépasse désormais largement le seul univers de la gastronomie pour s’ancrer dans celui du divertissement et de l’humour radiophonique.
Groupe Eleni, expansion et projets récents
En 2024, la trajectoire entrepreneuriale de Juan Arbeláez franchit un nouveau cap avec l’ouverture du capital de son groupe Eleni aux frères Pierre-Julien et Grégory Chantzios. Cette opération, révélée par la presse économique, s’accompagne d’ambitions financières affichées : le groupe vise vingt millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2026. Cette structuration capitalistique traduit la volonté du chef de professionnaliser davantage son activité de restaurateur, en s’entourant de partenaires expérimentés dans la gestion et le développement de réseaux de restauration.
Cette même dynamique d’expansion se traduit par de nouvelles ouvertures, comme les enseignes Yaya Secrétan, Yaya La Défense ou encore Vigna, qui viennent compléter un portefeuille déjà riche de plusieurs établissements en Île-de-France. Juan Arbeláez explore également des concepts inédits, à l’image du restaurant La Farm, annoncé pour s’implanter au sein du Fise Farm, un centre d’entraînement sportif situé dans la Montagne de Reims, en partenariat avec le champion de BMX Matthias Dandois. Ce projet illustre sa volonté de sortir du cadre parisien pour toucher de nouveaux publics.
Sur le plan personnel, Juan Arbeláez a été médiatiquement associé à l’ancienne Miss France Laury Thilleman, avec qui il a formé un couple très suivi par la presse people avant leur séparation. Toujours animé par une énergie entrepreneuriale intacte, le chef évoque régulièrement de nouveaux projets, y compris en dehors de la restauration, ayant notamment confié son intérêt pour le cinéma. Cette curiosité permanente confirme le profil d’un chef qui refuse de se cantonner à un seul domaine d’activité.
Conclusion
Le parcours de Juan Arbeláez illustre la réussite d’un chef qui a su transformer une exposition médiatique ponctuelle en une carrière durable et multiforme. De ses années de formation au Cordon Bleu Paris à ses expériences dans des palaces comme Le Cinq ou Le Bristol, en passant par sa participation remarquée à Top Chef en 2012, chaque étape a nourri la construction d’une identité culinaire singulière, à la croisée des traditions française et colombienne. Son ascension entrepreneuriale, matérialisée par des enseignes comme Plantxa, Nubé ou Yaya, témoigne d’une capacité rare à conjuguer créativité culinaire et sens des affaires.
Au-delà des fourneaux, Juan Arbeláez s’est imposé comme une figure familière du petit écran et de la radio française, entre Quotidien, Cuisine Impossible et Les Grosses Têtes. Cette double vie professionnelle, entre restauration et médias, fait de lui l’un des chefs les plus visibles et les plus dynamiques de sa génération. Avec l’ouverture du capital de son groupe Eleni et de nouveaux projets en préparation, Juan Arbeláez semble loin d’avoir achevé sa transformation d’un jeune Colombien passionné de cuisine en véritable entrepreneur de la gastronomie française.

