Marina Vlady : 88 ans d’une étoile franco-russe inoubliable
Mis à jour : 25 septembre 2026
Marina Vlady s’est éteinte jeudi 24 septembre 2026, à l’âge de 88 ans, « chez elle, entourée de ses proches et de ses animaux », selon le communiqué de ses fils transmis à l’AFP. Avec elle disparaît l’une des plus grandes figures du cinéma français, une actrice qui a traversé plus de soixante-dix ans de 7e art sans jamais se renier.
Née Catherine Marina de Poliakoff-Baïdaroff le 10 mai 1938 à Clichy, d’un père chanteur d’opéra et d’une mère danseuse étoile, tous deux émigrés russes, elle choisit très jeune la lumière des projecteurs. De La Princesse de Clèves (1961) au Lit conjugal (1963), qui lui vaut le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes, en passant par les films de Jean-Luc Godard et d’Orson Welles, Marina Vlady a bâti une filmographie d’une richesse rare. Voici le portrait d’une légende.
Marina Vlady est une actrice, chanteuse et écrivaine franco-russe née le 10 mai 1938 à Clichy et morte le 24 septembre 2026 à l’âge de 88 ans. Éternelle Princesse de Clèves (1961), prix d’interprétation féminine à Cannes en 1963 pour Le Lit conjugal, elle a tourné une centaine de films aux côtés des plus grands metteurs en scène et fut l’épouse du poète soviétique Vladimir Vyssotski.

Marina Vlady : pourquoi la France la recherche aujourd’hui
Jeudi 24 septembre 2026, la famille de l’actrice annonce à l’AFP le décès de l’actrice, à 88 ans. Le communiqué de ses fils Pierre, Igor et Vladimir précise qu’elle s’est éteinte « chez elle, entourée de ses proches et de ses animaux », au terme d’« une longue et belle vie bien remplie ». Aucune cause n’a été officiellement communiquée.
Dans les heures qui suivent, la requête « marina vlady » s’envole sur Google France, portée par les nécrologies publiées par la nécrologie du Monde et l’hommage du Figaro. Les internautes veulent tout savoir : quel âge avait-elle vraiment, de quoi est-elle morte, qui étaient ses maris, quels films faut-il revoir pour lui rendre hommage.
« Ses fils Igor, Pierre et Vladimir et sa famille ont la tristesse d’annoncer la mort de Marina Vlady, partie comme elle l’a choisie, chez elle, entourée de ses proches et de ses animaux. »
Communiqué de la famille, transmis à l’AFP le 24 septembre 2026
La disparition de l’actrice clôt une semaine où le cinéma français fait ses adieux à l’une de ses dernières grandes dames. Mais elle a quelque chose de particulier : c’est l’éternel visage de la Princesse de Clèves, le grand amour de Vladimir Vyssotski, la femme qui a fasciné Godard, Welles et Ferreri. Autant de raisons de vouloir tout savoir d’elle.
Les hommages affluent de tout le monde du cinéma, qui salue une actrice capable de passer du cinéma populaire aux œuvres d’auteur, de la comédie au drame, sans jamais perdre son exigence. Sur les réseaux sociaux, les extraits de La Princesse de Clèves et du Lit conjugal sont partagés par milliers, preuve que l’émotion suscitée par Marina Vlady reste intacte, plus de soixante ans après ses plus grands rôles.
De Clichy à la légende : qui était Marina Vlady ?
Définition : Marina Vlady, de son vrai nom Catherine Marina de Poliakoff-Baïdaroff, est une actrice franco-russe née le 10 mai 1938 à Clichy et morte le 24 septembre 2026. On la surnommait la « princesse de Clèves » du cinéma français, en référence au rôle qui l’a rendue immortelle en 1961.
Son père, Vladimir Poliakoff, est un baryton d’opéra arrivé en France en 1915 pour s’engager contre l’armée allemande. Sa mère, Militza, danseuse étoile, fuit la révolution bolchevique en 1917. Le couple vit chichement dans un HLM de la banlieue parisienne, le père reconverti maçon peinant à payer le loyer.
Les quatre filles prennent des pseudonymes pour percer : Olga devient Olga Varen, Tatiana devient Odile Versois, Militza devient Hélène Vallier, et Marina devient Marina Vlady — en hommage à son père Vladimir, « je suis Vladimirovna », expliquait-elle. Les quatre sœurs, surnommées les « sœurs Poliakoff », enregistrent même deux disques de chants russes en 1967 et 1968.
Petit rat à l’Opéra de Paris dès l’âge de 9 ans, Marina bascule rapidement vers le cinéma. Elle tourne son premier film, Orage d’été de Jean Gehret, à seulement 10 ans, en 1949, aux côtés de sa sœur Olga. Une enfant star est née.
Marina Vlady, princesse de Clèves et muse des grands réalisateurs
C’est Avant le déluge d’André Cayatte, en 1954, qui révèle la jeune comédienne au grand public. Le film est sélectionné au Festival de Cannes et lui vaut le prix Suzanne-Bianchetti, qui récompense chaque année la jeune actrice la plus prometteuse. Elle n’a que 16 ans.
Sept ans plus tard, Jean Delannoy lui offre le rôle de sa vie : la Princesse de Clèves (1961), d’après le roman de Madame de La Fayette. Le public se presse dans les salles, la critique parisienne boude, mais l’actrice entre définitivement dans l’histoire du cinéma français.
En 1963, Le Lit conjugal de Marco Ferreri lui apporte la consécration internationale : le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes. Elle tourne ensuite avec Orson Welles (Falstaff, 1965), Jean-Luc Godard (Deux ou trois choses que je sais d’elle, 1967), Bertrand Tavernier (Que la fête commence, 1975) ou Ettore Scola (Splendor, 1989).
| Film | Année | Réalisateur | Rôle marquant |
|---|---|---|---|
| Orage d’été | 1949 | Jean Gehret | Premiers pas à 10 ans |
| Avant le déluge | 1954 | André Cayatte | Prix Suzanne-Bianchetti |
| Toi, le venin | 1958 | Robert Hossein | Eva, en fauteuil roulant |
| La Princesse de Clèves | 1961 | Jean Delannoy | Le rôle d’une vie |
| Le Lit conjugal | 1963 | Marco Ferreri | Prix d’interprétation, Cannes |
| Falstaff | 1965 | Orson Welles | Kate Percy, Lady Hotspur |
| Deux ou trois choses que je sais d’elle | 1967 | Jean-Luc Godard | Juliette Jeanson |
| Que la fête commence | 1975 | Bertrand Tavernier | Madame de Parabère |
Parallèlement, elle illumine le petit écran : La Chambre des dames, triomphe télévisuel adapté de Jeanne Bourin, Fort comme la mort d’après Maupassant, Résurrection des frères Taviani en 2001. Au total, une centaine de films et de téléfilms, entre cinéma populaire et œuvres d’auteur.
Les 5 rôles qui ont fait d’elle une légende :
- La Princesse de Clèves (1961), la chaste héroïne de Madame de La Fayette
- Regina dans Le Lit conjugal (1963), couronnée à Cannes
- Kate Percy dans Falstaff (1965), face à Orson Welles
- Juliette Jeanson dans Deux ou trois choses que je sais d’elle (1967), dirigée par Godard
- Madame de Parabère dans Que la fête commence (1975), la libertine de Tavernier
Les amours de Marina Vlady : trois mariages, une légende
À 17 ans, Marina Vlady épouse Robert Hossein, le metteur en scène qui la dirige dans quatre films, dont Les Salauds vont en enfer (1955) et Toi, le venin (1958). De cette union naissent deux fils, Pierre et Igor. Le couple, l’un des plus en vue du cinéma français, divorce à la fin des années 1950.
En 1963, elle épouse l’aviateur et ancien résistant Jean-Claude Brouillet, entrepreneur dans le transport aérien. De ce deuxième mariage naît un troisième fils, prénommé Vladimir. Le couple se sépare en 1966.
Mais c’est avec Vladimir Vyssotski, poète, acteur et chanteur soviétique persécuté par le pouvoir, que l’actrice vit la plus grande histoire d’amour de sa vie. Mariés en 1970, ils entretiennent pendant dix ans une relation à distance entre Paris et Moscou, elle multipliant les voyages en URSS pour le voir. Vyssotski meurt en 1980, à 42 ans. Elle lui consacrera le livre Vladimir ou le Vol arrêté (1987), devenu un classique.
Pendant plus de vingt ans, elle partage ensuite la vie du cancérologue Léon Schwartzenberg, mort en 2003. Avec lui, elle milite pour les sans-toit, les sans-papiers et les sans-travail, occupant des locaux et descendant dans la rue. Une histoire d’amour et d’engagement, jusqu’au bout.
Chanteuse et écrivaine : les autres visages de Marina Vlady
On l’oublie souvent, mais l’actrice était aussi une chanteuse accomplie. Avec ses sœurs, sous le nom des « Sœurs Poliakoff », elle enregistre deux disques de chants russes qui obtiennent le grand prix du disque de l’Académie Charles-Cros. En solo, elle grave Le Voleur de chevaux, qui devient un succès radiophonique en 1973.
Écrivaine prolifique, elle publie treize livres à partir de 1979 : romans, essais et mémoires. 24 images seconde (Fayard, 2005) reste le récit le plus intime de son parcours d’actrice, tandis que Sur la plage, un homme en noir (2006) raconte le deuil de Léon Schwartzenberg.
Sculptrice à ses heures, présidente de jury au Festival 2 Cinéma 2 Valenciennes en 2018 : jusqu’au bout, l’artiste est restée une créatrice insatiable.
- 1967-1968 : deux disques de chants russes avec ses sœurs (prix Charles-Cros)
- 1973 : Le Voleur de chevaux, tube à la radio
- 1979-2006 : treize livres publiés, dont Vladimir ou le Vol arrêté
- 1994 : nommée commandeur des Arts et des Lettres
- 2018 : présidente du jury du Festival 2 Cinéma 2 Valenciennes
Une femme engagée, bien au-delà des plateaux
En 1962, elle milite pour l’indépendance de l’Algérie : elle manifeste près du métro Charonne et cache la nuit le philosophe Francis Jeanson, « porteur de valises » du FLN. En 1968, elle adhère au Parti communiste français.
En 1971, elle signe le « Manifeste des 343 », aux côtés de Simone de Beauvoir, pour défendre le droit à l’avortement, alors illégal en France. Avec Léon Schwartzenberg, elle occupe des locaux et se fait parfois malmener par les forces de l’ordre pour défendre les plus démunis.
Artiste et citoyenne : c’est cette double exigence qui a fait d’elle bien plus qu’une star — une conscience du cinéma français, admirée pour son courage autant que pour son talent.
Qui était Marina Vlady ?
Marina Vlady était une actrice, chanteuse et écrivaine franco-russe (1938-2026), née à Clichy de parents émigrés russes. Elle est restée célèbre pour La Princesse de Clèves (1961) et pour son prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 1963.
Quand et comment est morte Marina Vlady ?
L’actrice est morte le jeudi 24 septembre 2026, à l’âge de 88 ans, « chez elle, entourée de ses proches et de ses animaux », selon le communiqué de ses fils transmis à l’AFP. La cause de son décès n’a pas été officiellement communiquée.
Quels sont ses films les plus célèbres ?
Ses films incontournables sont La Princesse de Clèves (1961), Le Lit conjugal (1963, prix d’interprétation à Cannes), Falstaff d’Orson Welles (1965), Deux ou trois choses que je sais d’elle de Godard (1967) et Que la fête commence de Tavernier (1975).
Qui étaient les maris de Marina Vlady ?
Marina Vlady a été mariée trois fois : au metteur en scène Robert Hossein (1955-1959), à l’aviateur Jean-Claude Brouillet (1963-1966), puis au poète et chanteur soviétique Vladimir Vyssotski (1970-1980).
Quelle est son histoire avec Vladimir Vyssotski ?
Elle épouse Vladimir Vyssotski en 1970 après deux ans de vie commune. Pendant dix ans, ils vivent un amour à distance entre Paris et Moscou, jusqu’à la mort du poète en 1980. Elle raconte cette histoire dans le livre Vladimir ou le Vol arrêté (1987).
Marina Vlady a-t-elle eu des enfants ?
Oui, elle a eu trois fils : Pierre et Igor, nés de son mariage avec Robert Hossein, et Vladimir, né de son mariage avec Jean-Claude Brouillet. Tous trois ont signé le communiqué annonçant son décès.
En résumé : pourquoi Marina Vlady restera inoubliable
Petit rat de l’Opéra devenue star internationale, l’actrice a traversé le cinéma français comme peu d’actrices : de la Princesse de Clèves à Cannes, de Godard à Welles, du chant à l’écriture, de l’engagement féministe à la défense des plus démunis. Sa disparition, le 24 septembre 2026, laisse un vide immense — mais son œuvre, elle, ne s’éteindra jamais.
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