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Marina Vlady : 7 secrets de la légende franco-russe

Marina Vlady : 7 secrets de la légende franco-russe

Mis à jour : 25 septembre 2026

Que sait-on de Marina Vlady aujourd’hui, au lendemain de sa disparition le jeudi 24 septembre 2026 à l’âge de 88 ans ? La nouvelle est tombée comme un couperet sur le cinéma français : l’inoubliable interprète de La Princesse de Clèves s’est éteinte « chez elle, entourée de ses proches et de ses animaux », ont annoncé ses trois fils, Pierre, Igor et Vladimir, dans un communiqué transmis à l’AFP, saluant « une longue et belle vie bien remplie ». Aucune cause n’a été rendue publique, et l’actrice n’avait jamais évoqué de maladie.

Pour comprendre Marina Vlady aujourd’hui, il faut remonter bien plus loin que cette triste annonce : à Clichy en 1938, dans une famille d’émigrés russes sans le sou ; à l’Opéra de Paris où elle fut petit rat à 9 ans ; sur les plateaux où Orson Welles, Jean-Luc Godard et Bertrand Tavernier la dirigèrent ; à Moscou, où elle partagea dix ans la vie du poète Vladimir Vyssotski. Voici la biographie complète d’une femme qui fut à la fois actrice, chanteuse, écrivaine et militante — et dont l’héritage continue de rayonner.

En bref : Marina Vlady aujourd’hui appartient à la mémoire collective du cinéma français. Actrice franco-russe née le 10 mai 1938 à Clichy et morte le 24 septembre 2026, elle a tourné près d’une centaine de films, remporté le prix d’interprétation féminine à Cannes en 1963, chanté en russe et publié treize livres.

Marina Vlady en 2023, l'actrice franco-russe souriante
Marina Vlady en 2023, trois ans avant sa disparition.

Marina Vlady aujourd’hui : qui était cette légende franco-russe ?

Définition : Marina Vlady (1938-2026) est une actrice, chanteuse et écrivaine française d’origine russe. Révélée par Avant le déluge (1954), consacrée par La Princesse de Clèves (1961) et primée à Cannes pour Le Lit conjugal (1963), elle a mené une carrière de près de soixante-dix ans entre cinéma populaire et films d’auteur, tout en publiant treize livres et en défendant toute sa vie des causes qui lui étaient chères.

Poser la question de Marina Vlady aujourd’hui, c’est mesurer à quel point une seule vie peut contenir plusieurs existences : l’enfant prodige du cinéma, la star adulée des années 1960, l’épouse d’un poète soviétique persécuté, la chanteuse de romances russes, la romancière prolifique et la militante infatigable. Rarement une artiste française aura autant embrassé son siècle.

Des sœurs Poliakoff au petit rat de l’Opéra

L’histoire de Marina Vlady aujourd’hui commence en 1915, quand son père, Vladimir de Poliakoff, baryton d’opéra, quitte la Russie pour la France et s’engage dans la Grande Guerre. Sa mère, Militza Envald, danseuse étoile, fuit la révolution bolchevique et arrive en France en 1919. Le couple d’artistes, reconverti tant bien que mal — lui ouvrier à l’usine frigorifique de Clichy — élève quatre filles dans un HLM où l’on peine à payer le loyer, comme le raconte Le Monde dans sa nécrologie.

Les quatre sœurs deviendront les célèbres « sœurs Poliakoff », chacune choisissant un pseudonyme commençant par V — le V de la victoire, expliquera Paris Match en 1955 : Olga devient Olga Varen, réalisatrice de télévision ; Tatiana devient Odile Versois, actrice ; Militza devient Hélène Vallier, actrice ; et la benjamine Catherine Marina devient Marina Vlady, en hommage à son père Vladimir : « je suis Vladimirovna ».

À 9 ans, la petite Marina intègre l’école de danse de l’Opéra de Paris comme petit rat. Mais le cinéma la happpe très vite : en 1949, à seulement 10 ans, elle tourne son premier film, Orage d’été de Jean Gehret, aux côtés de sa sœur Odile. Cinq ans plus tard, André Cayatte la révèle dans Avant le déluge (1954), où elle joue une jeune fille entraînée dans un cambriolage qui tourne mal. Le film est sélectionné à Cannes — elle monte les marches mais reste à la porte de la salle, le film étant interdit aux moins de 16 ans — et lui vaut le prix Suzanne-Bianchetti. Une étoile est née.

De La Princesse de Clèves au prix d’interprétation de Cannes

En 1955, à 17 ans, Marina épouse le comédien et metteur en scène Robert Hossein, qui la dirige dans quatre films au climat érotique et brutal : Les salauds vont en enfer (1955), Pardonnez nos offenses (1956), Toi, le venin (1958, où elle partage l’affiche avec sa sœur Odile) et La Nuit des espions (1959). De cette union naissent deux fils, Pierre et Igor, qui deviendront eux aussi acteurs. Le couple divorce en 1960, mais ces films relancent durablement son image.

Le tournant arrive en 1961 avec La Princesse de Clèves de Jean Delannoy, adaptation luxueuse du roman de Madame de La Fayette. Finis les maquillages provocants : voix douce et fluette, corsets plats, maintien droit « comme si elle sortait d’un tableau de Van Dyck ». Jean Cocteau ironise — une femme « trop grosse, ayant des enfants, pouah, et slave par-dessus le marché ! » — mais le public se précipite en masse. Marina Vlady devient l’inoubliable princesse de Clèves.

Deux ans plus tard, Le Lit conjugal (1963) de Marco Ferreri, avec Ugo Tognazzi, lui offre la consécration : le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 1963 pour son rôle de jeune catholique devenue une insatiable amoureuse — et une nomination aux Golden Globes l’année suivante. Polémique amusante d’époque : le film étant italien, elle y est doublée, et certains s’étonnent qu’on couronne une actrice dont on n’entend pas la vraie voix.

Les grands auteurs se l’arrachent alors. En 1965, son ami Orson Welles lui offre le rôle de Kate Percy dans Falstaff. En 1967, Jean-Luc Godard la place en tête d’affiche de Deux ou trois choses que je sais d’elle — et tombe amoureux d’elle au point de lui demander sa main, essuyant un refus poli : pour elle, il ne s’agissait que d’amitié. En 1975, Bertrand Tavernier en fait une libertine Madame de Parabère dans Que la fête commence. Le visage de Marina Vlady aujourd’hui reste indissociable de ces chefs-d’œuvre.

Filmographie : les rôles qui ont marqué le cinéma

La filmographie de Marina Vlady aujourd’hui compte près d’une centaine de longs métrages, entre cinéma populaire et œuvres d’auteur. En voici les jalons essentiels :

AnnéeFilmRéalisateurRôle / distinction
1949Orage d’étéJean GehretMarie-Tempête, ses débuts à 10 ans
1954Avant le délugeAndré CayatteLiliane — prix Suzanne-Bianchetti
1959Toi, le veninRobert HosseinÉva, avec sa sœur Odile Versois
1961La Princesse de ClèvesJean DelannoyLe rôle-titre, immense succès public
1963Le Lit conjugalMarco FerreriRegina — prix d’interprétation, Cannes 1963
1965FalstaffOrson WellesKate Percy, Lady Hotspur
1967Deux ou trois choses que je sais d’elleJean-Luc GodardJuliette Jeanson
1969Le Temps de vivreBernard PaulMarie — Étoile de cristal 1970
1975Que la fête commenceBertrand TavernierMadame de Parabère
1986Twist again à MoscouJean-Marie PoiréNatacha Tataïev
1989SplendorEttore ScolaChantal, avec Marcello Mastroianni
2011Quelques jours de répitAmor HakkarYolande, son retour au cinéma

À la télévision, elle privilégie la littérature : héroïnes de Conrad, Maupassant, Balzac, Aragon ou Tolstoï, la triomphale Chambre des dames, Condorcet écrit par Élisabeth Badinter, Victoire ou la douleur des femmes de Nadine Trintignant. Au théâtre, elle joue Les Trois Sœurs de Tchekhov avec ses trois sœurs au théâtre Hébertot — 250 représentations — puis, à partir de 1992, Schmitt, Tchekhov encore, et Audiberti.

Vladimir Vyssotski : dix ans d’amour entre Paris et Moscou

L’amour de Marina Vlady aujourd’hui se lit d’abord dans un nom : Vladimir Vyssotski. Après un deuxième mariage avec l’aviateur Jean-Claude Brouillet (1963-1966), dont naît son troisième fils Vladimir, elle épouse en 1970 le poète, acteur et chanteur soviétique, figure de la contre-culture russe persécutée par le pouvoir. Pendant dix ans, elle partage sa vie entre Paris et Moscou, obtenant — record pour une Française de l’époque — soixante-douze visas pour l’Union soviétique.

Vyssotski meurt prématurément en 1980, à 42 ans, de ses addictions à l’alcool et à la morphine. Marina lui consacre le livre Vladimir ou le Vol arrêté (1987), témoignage bouleversant traduit en plusieurs langues, puis un récital au théâtre des Bouffes-du-Nord en 2006. Elle avait déjà enregistré avec lui en 1974 le disque Vlady Vissotsky, et passera sa vie à faire connaître ses chansons en France, les traduisant et organisant des concerts.

Après ce deuil, elle partage vingt-trois ans de vie commune avec le cancérologue Léon Schwartzenberg, jusqu’à la mort de ce dernier en 2003. Dans Sur la plage, un homme en noir (2006), elle raconte sans fard cette bataille contre la maladie — et comment ses fils l’empêchèrent de sombrer.

Chanteuse, écrivaine et femme engagée

L’engagement de Marina Vlady aujourd’hui inspire autant que sa filmographie. Mais avant la militante, il y eut la chanteuse : en 1967-1968, sous le nom des « Sœurs Poliakoff », elle enregistre avec ses trois sœurs deux disques de chants russes, dont le premier obtient le grand prix international du disque Charles-Cros. En 1973, Le Voleur de chevaux devient un succès à la radio. Au total, cinq albums jalonnent sa carrière de chanteuse.

Pour prendre la mesure de Marina Vlady aujourd’hui, il faut aussi lire ses livres : treize publiés à partir de 1979, entre récits, romans et mémoires. On retient notamment :

  • Babouchka (1979), écrit avec ses sœurs, sur leur enfance d’émigrées russes ;
  • Vladimir ou le Vol arrêté (1987), sur son amour avec Vyssotski ;
  • Récits pour Militza (1989), hommage à sa mère ;
  • 24 images/seconde (2005), ses mémoires sans fard ;
  • Sur la plage, un homme en noir (2006), sur la mort de Léon Schwartzenberg ;
  • C’était Catherine B. (2013), sur Catherine Binet, compagne de Georges Perec.

Et la militante, enfin : en 1962, elle cache la nuit Francis Jeanson, fondateur d’un réseau de porteurs de valises du FLN, et manifeste contre l’OAS près du métro Charonne. Elle adhère au Parti communiste français en 1968, signe en 1971 le Manifeste des 343 pour le droit à l’avortement, milite à l’association France-URSS, puis, avec Schwartzenberg, crée le DAL pour le droit au logement et défend les sans-papiers. En 2015, elle signe encore l’Appel des 58 pour le droit de manifester.

L’héritage de Marina Vlady aujourd’hui

Marina Vlady aujourd’hui, c’est une moisson de distinctions qui dit l’estime du monde du cinéma : prix Suzanne-Bianchetti (1954), prix d’interprétation féminine à Cannes (1963), Étoile de cristal (1970), commandeure de l’ordre des Arts et des Lettres (1994), prix Reconnaissance des cinéphiles (2008) et médaille Pouchkine décernée par la Russie.

Jusqu’au bout, elle est restée une passeuse : en novembre 2023, à 85 ans, elle présentait encore La Princesse de Clèves à la Cinémathèque française, le film qui avait fait d’elle une star soixante ans plus tôt. En 2018, elle présidait le jury du festival de Valenciennes. Comme l’écrit Le Figaro, elle laisse « l’image d’une femme libre, d’une artiste engagée à gauche, et d’une passeuse de culture entre la France et la Russie ».

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Conclusion

Alors, que retenir de Marina Vlady aujourd’hui ? Une actrice qui a traversé soixante-dix ans de cinéma sans jamais se renier, une voix qui a chanté la Russie en France, une plume qui a raconté ses amours et ses deuils, une conscience qui n’a jamais détourné le regard. Marina Vlady aujourd’hui n’est plus, mais son œuvre — une centaine de films, cinq albums, treize livres — continue de parler aux nouvelles générations.

Et vous, quel est votre film préféré de Marina Vlady ? Partagez votre souvenir en commentaire et découvrez nos autres biographies de légendes du cinéma français.

Quel âge avait Marina Vlady à sa mort ?

Marina Vlady est morte le 24 septembre 2026 à l’âge de 88 ans, « chez elle, entourée de ses proches et de ses animaux », selon le communiqué de ses trois fils transmis à l’AFP. Aucune cause du décès n’a été rendue publique.

Que reste-t-il de Marina Vlady aujourd’hui ?

Marina Vlady aujourd’hui vit dans son héritage : près d’une centaine de films dont La Princesse de Clèves et Le Lit conjugal, cinq albums de chansons, treize livres, et le souvenir d’une femme libre et engagée, passeuse de culture entre la France et la Russie.

Qui étaient les maris de Marina Vlady ?

Marina Vlady a été mariée trois fois : au comédien et metteur en scène Robert Hossein (1955-1959), père de ses fils Pierre et Igor ; à l’aviateur Jean-Claude Brouillet (1963-1966), père de son fils Vladimir ; puis au poète et chanteur soviétique Vladimir Vyssotski (1970-1980). Elle a ensuite partagé vingt-trois ans avec le cancérologue Léon Schwartzenberg.

Pourquoi s’appelait-elle Marina Vlady ?

Née Catherine Marina de Poliakoff, elle a choisi le pseudonyme de Marina Vlady en hommage à son père, le baryton Vladimir de Poliakoff : « je suis Vladimirovna », disait-elle. Ses trois sœurs avaient elles aussi adopté des pseudonymes commençant par V — le V de la victoire. Ce nom, Marina Vlady aujourd’hui, est entré pour toujours dans l’histoire du cinéma français.

Quels sont les films les plus connus de Marina Vlady ?

Ses rôles les plus marquants sont La Princesse de Clèves (1961), Le Lit conjugal (1963, prix d’interprétation à Cannes), Falstaff d’Orson Welles (1965), Deux ou trois choses que je sais d’elle de Godard (1967) et Que la fête commence de Tavernier (1975).

Marina Vlady a-t-elle écrit des livres ?

Oui : Marina Vlady a publié treize livres, dont Vladimir ou le Vol arrêté (1987) sur son amour avec Vyssotski, ses mémoires 24 images/seconde (2005) et Sur la plage, un homme en noir (2006) sur la mort de Léon Schwartzenberg.

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